La bannière

C’est Anthony qui a fait la belle bannière de Monde meilleur, avec, de gauche à droite, à côté de votre humble servitrice, plein de gens que j’aime bien : le Dalai Lama, un des rares religieux gai (attention, pour les égarés de l’orthographe, je n’ai pas dit « gay »), preuve s’il en fût que spiritualité ne rime pas forcément avec ennui ou obscurantisme religieux;  Tina Turner, pour l’énergie et parce qu'à 60 ans, elle est encore un sexe symbol; Eva Joly, pour le courage, cette juge qui s’attaque aux invulnérables et à la corruption qui gangrène notre monde; Didier Lockwood, violoniste de jazz de génie, pour l’amour de la musique; Laurence Foresti, pour l’intelligence de l’autodérision; Woody Allen dont j’aime même les mauvais films; Martin Luther King, pour la détermination; Christophe André, psychiatre et écrivain, qui nous a offert ce livre superbe : « Imparfaits, libres et heureux » et enfin Simone Veil pour le sens des responsabilités, elle, qui presque seule contre une assemblée d’hommes conservateurs, avait arraché la loi sur l’avortement.

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Pour adultes

Jeudi 15 décembre 2005

En écrivant l’article d’hier « avant », je me suis prise à regretter l’époque post-soixante huitarde où le plaisir était dénué de culpabilité. Je me suis bêtement censurée selon le principe qui veut que quand on parle du plaisir, on n’est pas sérieux et je veux que mon blog soit pris au sérieux… je me reprends, heureusement, aujourd’hui.

Cette pensée parasite, cette tendance à vouloir compartimenter : travail/plaisir (vous remplacez travail par n’importe quelle autre activité humaine, çà marche), vient biensûr en partie d’une époque qui ne porte pas vraiment à la franche rigolade. Déjà de penser que mes enfants sont nés avec le sida, çà me rend triste… mais de la même façon que sur un plan privé, faire la gueule quand on n’est pas content ne sert strictement à rien, s’enfermer dans une morosité sociale est totalement stérile.

Certains me diront qu’il est évident que nous nous sommes libérés avec mai 68 sur un plan sexuel tout au moins. Mais notre société confond plaisir et plaisir : on multiplie les clubs échangistes mais, outre que le plaisir physique sans joie laisse un goût amer (de la différence entre l’érotisme et la pornographie..), on est ailleurs en réalité, dans un manque total de lâcher prise et d’acceptation du plaisir comme principe de vie et de créativité. Vous avez déjà trouvé génial vous un comédien qui ne prend pas son pied sur scène ? Eh bien ce que l’on accepte des artistes, on devrait l’accepter pour nous avec l’évidence qu’on est meilleur quand on a du plaisir à faire ce qu’on fait. Oter le plaisir d’apprendre à nos enfants comme le fait l’éducation nationale est un crime.

Moi je vous le dis tout net : il devient urgent de se faire plaisir

Par Carmen Molina
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Jeudi 2 février 2006

…çà y est, j’en ai marre d’avoir 3 lecteurs et demi, dont une amie, je viens donc de choisir le titre « (Hautement) pornographique...» en espérant que les recherches dans Google amèneront quelques égarés jusqu’à moi. Je pars bien sûr en faisant çà du principe selon lequel « pour adulte » attirera plus de gens que « monde meilleur ». Non pas que je sois à ce point en manque d’affection, mais on a le droit de s’amuser, non ? Et puis c’est pas comme çà que font les politiques ? en parlant de « dérive sécuritaire »…sûr qu’ils doivent avoir plus de votes qu’avec « mutation anthropologique », en somme il faut juste savoir choisir son vocabulaire.

Par Carmen Molina
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Mercredi 22 novembre 2006

Pour les septiques qui pensent qu’on ne travaille pas assez pour la paix aux Nations-Unies, voici une information qui circule aujourd’hui au bureau :

 

WASHINGTON  (AFP)  -  Des  militants  pacifistes  semblent vouloir redonner  un coup de jeune au slogan soixante-huitard  "faites  l'amour,  pas  la  guerre"  en appelant, via leur site internet, tous ceux qui veulent agir contre la violence dans le monde à faire l'amour le vendredi 22 décembre.

Baptisé Global Orgasm ("orgasme mondial synchronisé"), le projet invite hommes et femmes de tous les pays, mais  "particulièrement  ceux    il existe  des  armes  de destruction massive", à avoir des relations sexuelles le jour du solstice d'hiver, et à avoir des pensées pacifistes avant et après.

Selon ses concepteurs, Donna Sheehan, 76 ans, et Paul Reffell, 55 ans, le fait qu'un maximum de personnes dans le monde aient des pensées positives à un moment donné peut modifier "le champ d'énergie de la Terre " et "réduire les dangereux niveaux actuels de violence et d'agression".

Sur  leur site www.globalorgasm.org, les deux militants pacifistes se disent préoccupés non seulement par la  guerre en Irak mais aussi par les manoeuvres américaines dans le Golfe persique, alors que l'Iran persiste à défier les puissances mondiales au sujet du nucléaire.

Pour avoir une idée de l'ampleur de la réponse à leur appel, ils indiquent se reposer sur un programme de l'Université de Princeton(New  Jersey, nord-est)intitulé « Global Consciousness Project » qui tente de mesurer l'effet  d'événements mondiaux, tels que le 11 Septembre ou le tsunami en Asie de décembre 2004, sur la conscience humaine.

Donna  Sheehan,  qui  a organisé des manifestations en faveur de la paix où les participants étaient dans leur  plus  simple  appareil,  estime  que la violence dans le monde est en partie due à l'insatisfaction sexuelle des hommes.

J’ai une remarque et une question :

 

La remarque c’est que l’âge de la dame qui a eu cette très sympathique idée me donne à penser (mais j’espère me tromper, pour elle et pour nous tous qui n’avons pas encore cet âge) qu’elle n’est peut-être pas une vraie spécialiste de la question. La dernière phrase aurait tendance à me donner raison.

Ma question c’est : est-ce qu’on doit attendre jusque là ? Je veux dire, pour l’efficacité du truc, je ne voudrai pas risquer d’atténuer l’effet collectif de cette action pour la Paix. En même temps, s’il faut attendre jusqu’au 22 décembre, franchement…
Par Carmen Molina
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Jeudi 30 novembre 2006

On peut aujourd’hui vraiment tout acheter. Je viens de tomber par hasard sur un blog qui vend… des strip-teases pour les enterrements de vie de garçons… ou de filles avec des chippendales ?! Remarquez çà ne mange pas de pain (mais pas mal d’euros quand même) et on peut au moins les remercier de respecter l’égalité sexuelle…

Vous trouvez çà immoral ? il y a beaucoup mieux : www.misteralibi.be vend des « alibis virtuels personnalisés pour justifier vos absences » ( !!!!????) Pour 50 euros, vous recevrez une fausse invitation sur bristol et tout, mais on peut aussi réserver pour vous avion et hôtel, ou faire des achats de fleurs ou de bijoux (j’espère qu’on peut aussi acheter des pipes (oups) ou des cravates, çà n’est pas précisé). « Votre imagination est notre seule limite » disent-ils, je me demande s’ils vous mettent un garde du corps au cas où vous seriez pris en flagrant délit ? Ils expliquent sur leur site que c’est bien pour les personnes qui veulent avoir des relations extra-conjugales et ne veulent surtout pas, je cite : briser leur mariage ou décevoir leurs enfants. En somme, ce sont des Zorros qui volent au secours de gens qui ont plein de bonnes intentions. Des bienfaiteurs qui évitent plus de divorces dans notre société, je vous dis.

Et là, je suis personnellement partagée entre le fou rire et l’effarement. On a tous été plus ou moins clair avec les autres et nous-même dans notre vie, au moins ponctuellement, mais les contorsions mentales que demandent une telle pratique me laisse perplexe. Sans même vouloir porter de jugement moral contre l’adultère, comment peut-on penser qu’on protège sa famille en payant pour effacer toute trace  ? L’esprit humain a décidément des ressources infinies…

Par Carmen Molina
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Vendredi 1 décembre 2006

Aujourd'hui, c'est la journée mondiale de lutte contre le sida, mais j'ai un problème, j'ai l'humeur légère en ce moment, je vais donc pour y participer, raconter une histoire de préservatifs, on pourra dire qu'on change les choses aussi en faisant rire ou sourire les gens qui sont malades, n'ont pas le moral et en ont bien besoin, je laisse les spécialistes faire le reste (entre parenthèses, une journée par an pour ci une autre pour çà, c'est mieux que rien mais çà sert pas à grand'chose, mais l'article "sérieux" sur ce sujet çà sera pour une autre fois).

Donc c'est un type qui rentre dans une pharmacie et demande un préservatif. Le pharmacien lui fait savoir qu'il n'en a pas à l'unité et que le plus petit paquet en contient cinq. Le type insiste, il n'en veut qu'un. Après quelques minutes d'argumentation, il finit par lui dire, excédé : "Mais pourquoi à la fin, vous n'en voulez qu'un seul ?", et le type de répondre : "Parce que j'essaye d'arrêter."

Elle est pas mignonne celle-là ?

Par Carmen Molina
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Vendredi 22 décembre 2006

Zut j'avais oublié, c'est le 22 aujourd'hui ! Vous en êtes où de votre participation à la paix dans le monde ? (petit reminder: http://www.mondemeilleur.net/article-4641795.html)

Par Carmen Molina
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Lundi 8 janvier 2007

Dimanche soir, vous étiez partie au ciné avec des copines (il a refusé net d’aller voir Hors de prix, faut pas charrier, il est donc resté devant son ordi, ravi de traîner tranquille dans l’appart dans le vieux jogging que vous ne supportez plus alors que vous lui en avez acheté un tout neuf à Noël) vous revenez, son copain Sébastien est là, celui qui arrive toujours avec son pack de bières, vous l’aimez bien mais de loin. Ils sont sur le sofa morts de rire à se raconter des blagues belges, et là... arrêtez les filles. Vous pensez que c’est dur d’être une femme, lisez plutôt ce qui suit (cadeau de Candide) :

AUTHENTIQUE EXTRAIT D’UN MANUEL SCOLAIRE CATHOLIQUE D’ECONOMIE DOMESTIQUE POUR LES FEMMES, PUBLIE EN 1960

(A vrai dire, je pensais en tirer des « morceaux choisis » mais j’ai décidé de vous le fournir en entier, en plusieurs fois, parce qu’il n’y a rien à retirer, pas une virgule, pas un mot, c’est trop beau, à certains moments çà touche au sublime)

Voici le premier passage que j’intitulerai pudiquement « Au coucher »

 

Bien que l’hygiène féminine soit d’une grande importance, votre mari fatigué ne saurait faire la queue devant la salle de bain, comme il aurait à le faire pour prendre son train. Cependant, assurez-vous d’être à votre meilleur avantage en allant vous coucher. Essayez de d’avoir une apparence avenante sans être aguicheuse. Si vous devez vous appliquer de la crème pour le visage ou mettre des bigoudis, attendez son sommeil, car cela pourrait le choquer de s’endormir sur un tel spectacle.

En ce qui concerne les relations intimes avec votre mari, il est important de vous rappeler vos vœux de mariage et en particulier votre obligation de lui obéir. S’il estime qu’il a besoin de dormir immédiatement, qu’il en soit ainsi. En toute chose, soyez guidée par les désirs de votre mari et ne faites en aucune façon pression sur lui pour provoquer ou stimuler une relation intime.

Si votre mari suggère l’accouplement, acceptez alors avec humilité tout en gardant à l’esprit que le plaisir d’un homme est plus important que celui d’une femme. Lorsqu’il atteint l’orgasme, un petit gémissement de votre part l’encouragera et sera tout à fait suffisant pour indiquer toute forme de plaisir que vous ayez pu avoir.

Si votre mari suggère une quelconque des pratiques moins courantes, montrez-vous obéissante et résignée, mais indiquez votre éventuel manque d’enthousiasme en gardant le silence. Il est probable que votre mari s’endormira alors rapidement, ajustez vos vêtements, rafraîchissez-vous et appliquez votre crème de nuit et vos produits de soin pour les cheveux.

Vous pouvez alors remonter le réveil afin d’être debout peu de temps avant lui le matin. Cela vous permettra de tenir sa tasse de thé du matin à sa disposition lorsqu’il se réveillera.

 

Alors, heureuse ?

 

 

 

 

 

 

Par Carmen Molina
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Jeudi 23 août 2007

En reclassifiant les articles je me suis aperçue que la catégorie « Pour adultes » était un peu vide, ce qui, vous en conviendrez, doit être corrigé rapidement. Alors en attendant que ne me revienne l’inspiration j’ai décidé de vous mettre quelque chose sous la dent pour réchauffer une fin d’été pluvieuse, voici donc ce que vous attendez depuis longtemps, deux filles ensemble : http://www.mondemeilleur.net/article-2668204.html, torride....

Par Carmen Molina
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Mardi 30 octobre 2007

Toujours pour alimenter la rubrique "Pour adultes", j'ai trouvé cet article dans le Marianne de cette semaine, je ne peux pas m'empêcher de vous le faire partager pour son côté rafraichissant :

"Au Portugal, quatre femmes ont reçu un coup de télélphone des plus encourageants. Les nouvelles technologies n'ayant plus de limites, on leur proposait d'être les nouveaux cobayes d'une expérience de mammographie par satellite ! Totalement gratuit, l'examen nécessitait seulement qu'elles se placent seins nus devant la fenêtre, pour qu'on puisse analyser leur buste depuis l'espace. En téléphonant pour avoir les résultats de leur analyses, les quatre demoiselles naïves n'ont trouvé qu'un voyeur qui avait pu admirer à loisir la beauté intersidérale de leurs poitrines ! Il y avait du monde au balcon."

Par Carmen Molina
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Mardi 13 novembre 2007

Je suis tombée sur un article, dans Marianne, encore, qui parlait d'un nouveau groupe de végétariens qui venait de se constituer (aux USA, je crois, mais je ne suis pas sûre, je n'arrive pas à remettre la main dessus... l'article, je veux dire..) et qui refusent catégoriquement de faire l'amour avec des gens qui mangent de la viande, respectant un nouvel adage qui ressemblerait à  "Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es". Ils devaient sûrement penser qu'il n'y avait pas assez de communautarismes comme çà, alors ils ont trouvé çà, çà mange pas de pain et quand on sait pas avec qui coucher, au lieu de s'embêter à se demander si celui-là ou celle-là ferait l'affaire, çà élimine direct les trois quarts de la population, et on ne se retrouve plus devant des choix du style "est-ce qu'il/elle me correspond ?" ou même "est-ce que je suis attiré(e) par lui/elle ?", vous savez, ce genre de question idiote.

Moi, les américains, ils finissent par me faire de la peine, je veux dire les gens "normaux" qui doivent vivre là-bas, ceux qui n'ont pas choisi la chasteté (il y a aussi des formations de groupes qui ont renoncé à l'amour physique, après tout s'ils veulent des enfants ils pourront toujours aller en chercher au Tchad) ou qui veulent bien un partenaire qui mange de la viande, ou les femmes qui pensent que les hommes ne sont pas tous des violeurs en puissance, avec qui ils/elles couchent ?

Bon, voilà, je cherchais un sujet qui vous amuserait pendant les longues heures où vous allez attendre les métros et les trains les jours qui viennent, et j'ai trouvé...  et je vous ferai remarquer que, discrète comme je suis, je ne vous ai pas demandé avec qui vous couchez, quoique si, je vais vous demander avec qui vous ne coucheriez pas...

Par Carmen Molina
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Mais où suis-je ?

Vous trouverez ici des articles qui sont des fois de l’ordre du coup de gueule du citoyen, des fois de l’ordre de la réflexion sur le développement personnel, des fois juste… des blagues pour rire. J’ai retrouvé dans « Imparfaits, libres et heureux » (Christophe André, Ed Odile Jacob) le lien qui existe entre le travail sur soi et la prise de responsabilité de notre personne sociale pour améliorer notre environnement au sens large; c’est ce que décrit l’auteur comme « l’effet papillon », je cite : Cette théorie qui explique qu’un petit battement d’aile à un bout du globe peut, de proche en proche, provoquer une tornade à l’autre extrémité de la planète. Ainsi, se changer aide les autres à changer. Il existe par exemple une contagion sociale des émotions, aussi bien négatives que positives.

Ceux qui ont changé le monde étaient d’abord des personnes qui avaient acquis (je ne crois pas que çà vienne du ciel, malheureusement, même s’il y a des « terrains favorables ») une éthique personnelle qu’ils ont appliquée et qui s’est répandue, comme une contagion positive. J’ai cette croyance que changer le monde, c’est d’abord travailler sur soi, modestement, pas à pas, faire en sorte que nos paroles correspondent petit à petit à nos pensées et à nos actes, chacun à notre niveau. Ce n’est pas le vote, une fois tous les 2, 3, 4 ou x années qui va le faire changer, le monde. Mais il ne s’agit pas non plus de se crisper là-dessus : le recul de l’humour est indispensable, l’oubli, des fois, de soi aussi, et toujours, le rappel de la beauté du monde, je donne comme illustration une citation de Hugo Von Hofmannstahl qui apparaît aussi dans le livre cité plus haut : Il allait par la campagne au milieu des champs, jeune garçon de seize ans, quand il leva son regard et vit un cortège de hérons blancs traverser le ciel à grande altitude : et rien d’autre, rien que la blancheur des créatures vivantes ramant sur le ciel bleu, rien que ces deux couleurs l’une contre l’autre ; cet ineffable sentiment de l’éternité pénétra à l’instant dans son âme et détacha ce qui était lié, lia ce qui était attaché, au point qu’il tomba comme mort ».

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QUAND

Quand nous pourrons voir le monde, mes frères, avec d’autres regards que  les nôtres seulement…

Quand nous ne serons plus troublés que nos aînés, quelquefois, soient à nouveau  des enfants effrayés ou perdus, et que nous leur pardonnerons d’être ce qu’ils sont…

Quand nous accepterons que ce que nous désirons ne nous soit pas dû et que les  responsabilités aillent avec les privilèges…

Quand nous saurons dire « assez »…

Si, dans le doute, nous vérifions d’abord et ne répondons plus nous-mêmes  à nos interrogations…

Quand, ayant fait litière des préjugés et fait le deuil aussi des illusions de l’enfance,  nous saurons lâcher prise, faire de notre inconscient un allié et nous confier au ruissellement du temps…

Quand librement nous accorderons pensées, paroles et sentiments…

Quand, sans faillir à notre loyauté, nous traquerons le secret et que finalement nous saurons appartenir en étant différents…

Quand nous chercherons le sens avant même le confort et que dans les revers et les infortunes nous nous mettrons en quête du cadeau qui s’y trouve caché…

Quand nous nous intéresserons, mes frères, au trajet autant qu’à la destination…

Quand avec les amis, les enfants, les patients, nous partagerons avec tendresse et avec tolérance notre temps, nos soins, notre attention et aussi le savoir et le savoir-faire que nous avons acquis…

Quand, acceptant notre différence, sans en faire des rivaux, nous verrons partout chez les humains nos frères et nos sœurs de toute éternité…

Quand nous serons vivants au lieu d’exister seulement, quand nous serons aimants au lieu de convoiter, et aussi désirants sans chercher forcément à satisfaire nos désirs ; croyants, enfin, au lieu d’avoir croyance, alors mes frères, nous pourrons passer les quatre dernières portes : lâcher le besoin d’être protégés, laisser la toute puissance, rompre sans ressentir la crainte le nœud d’identité et finalement désentraver notre âme retenue dans l’espace et le temps ordinaires… 

Alors, mes frères, ayant ouvert notre cœur, nous serons citoyens de ce monde et pourrons l’heure venue, lumineux, sereins, plonger dans l’univers.

Alain Crespelle

Terminé à Jérusalem le 3 juin 1995

 

 

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