La bannière

C’est Anthony qui a fait la belle bannière de Monde meilleur, avec, de gauche à droite, à côté de votre humble servitrice, plein de gens que j’aime bien : le Dalai Lama, un des rares religieux gai (attention, pour les égarés de l’orthographe, je n’ai pas dit « gay »), preuve s’il en fût que spiritualité ne rime pas forcément avec ennui ou obscurantisme religieux;  Tina Turner, pour l’énergie et parce qu'à 60 ans, elle est encore un sexe symbol; Eva Joly, pour le courage, cette juge qui s’attaque aux invulnérables et à la corruption qui gangrène notre monde; Didier Lockwood, violoniste de jazz de génie, pour l’amour de la musique; Laurence Foresti, pour l’intelligence de l’autodérision; Woody Allen dont j’aime même les mauvais films; Martin Luther King, pour la détermination; Christophe André, psychiatre et écrivain, qui nous a offert ce livre superbe : « Imparfaits, libres et heureux » et enfin Simone Veil pour le sens des responsabilités, elle, qui presque seule contre une assemblée d’hommes conservateurs, avait arraché la loi sur l’avortement.

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De la jeunesse

Jeudi 12 janvier 2006

Troisième volet de notre réflexion sur la « mutation anthropologique » (voir article du 9 janvier) : la jeunesse

Là il ne faut pas confondre « jeunesse » et « jeunisme » parce notre société aime le jeunisme mais pas les jeunes. En fait, elle aime l’apparence de la jeunesse, il faut donc faire en sorte d’être beau, bronzé, musclé, habillé à la mode ..etc.. Les comportements superficiels, aussi, doivent répondre à cet axiome : il-faut-être-ouvert-d’esprit, ne pas être ringard ..etc.. Par contre si on aborde  la créativité, l’adaptabilité, la spontanéïté, il faut quand même pas exagérer…

Cela vient en partie de ce que la culture française n’aime pas ce qui est nouveau. Regardez comment sont accueillis les nouveaux arrivés au bureau, les nouveaux voisins, comment sont considérées les idées nouvelles, les solutions hors sentiers battus. Dans la caricature, regardez notre classe politique, nos « élites ». Entre parenthèses, les américains ont sûrement beaucoup de choses à apprendre de « la vieille Europe » mais sur ce plan-là on devrait parfois regarder chez eux.

Tout ceci ne serait pas très grave et parfois plutôt gentiment comique (je pense au jeunisme de l’apparence physique) si ce type de comportement n’entraînait pas, par ostracisme, un résultat social  quasi-suicidaire : 20 à 25 % de chômage dans les classes d’âge les plus jeunes, c’est tout simplement gravissime. Et ce ne sont pas, contrairement à ce que l’on croit, 25% de jeunes non diplômés. Pousser nos jeunes à avoir des diplômes dont ils ne peuvent pas se servir pour entrer dans la vie active c’est appuyer sur le frein et l’accélérateur en même temps, vous avez déjà essayé çà sur une voiture ? Ne pas donner à tous la possibilité de l’apprentissage d’un métier quel qu’il soit est une attitude qui n’a pas fini de causer des dégâts, nos incendies de banlieue n’en étant que le début des manifestations (et même si cette attitude n’est pas la seule cause des événements de novembre).   

Par Carmen Molina
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Vendredi 13 janvier 2006

Voici un échantillon du mépris des politiques en France pour la jeunesse, lu dans le dernier MARIANNE, je cite :

 Invitée à s’exprimer sur France 2 le 10 novembre dernier lors de l’émission politique A vous de juger, Khadija, une lycéenne de 18 ans.. a ressenti le même mépris à son endroit : « Je suis arrivée en retard sur le plateau. Devant les caméras, ils m’ont fait passer pour une défavorisée, presque pour une racaille. Quand j’ai vu Sarkozy, j’ai perdu tous mes moyens. Ils m’ont donné la parole, direct, et j’ai paniqué.. Après l’émission, entouré par cinq gardes du corps, Sarko s’est approché de moi en me lançant ‘Sans rancune ?’ et ‘Khadija, vous êtes complètement à côté de la plaque’ J’avais envie de pleurer » .. Continuez, Monsieur Sarkozy, vous êtes sur la bonne voie, au royaume des aveugles les borgnes sont rois, continuez à prendre une petite jeunette inexpérimentée en matière de communication, non pas, surtout, pour résoudre les problèmes des jeunes de banlieue, mais pour vous faire mousser, continuez à considérer la France comme le vaste chantier de vos ambitions personnelles, plus vous irez dans ce sens et moins longtemps on vous verra parce que ces jeunes à côté de la plaque vont d’après ce que j’ai entendu dire, commencer à voter et tous les gardes du corps du monde ne pourront pas grand’ chose contre çà. 

Par Carmen Molina
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Jeudi 30 mars 2006

Il y a des premières fois décourageantes : la première fois que les parents (voire grand-parents) défilent avec leurs enfants, la première fois que les casseurs ne sont pas un groupe homogène mais hétéroclite, etc… mais c’est aussi la première fois que certains manifestants qui ne font pas partie du service d’ordre, prennent, avec beaucoup de courage, l’initiative d’interpeller les casseurs en action et de les neutraliser. Et ce, avec succès. Il nous donnent une sacrée leçon de démocratie nos p’tits jeunes en démontrant par les faits que quand on dépasse sa peur, on peut mettre en échec ceux qui décrédibilisent notre propre action. Que le destin en somme est entre nos mains et qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Non pas qu’on souhaite les voir se substituer à la police, ce qui n’est d’ailleurs pas le cas car ceux qui le faisaient parlaient plus qu’ils n’utilisaient la force. Mais çà nous rappelle l’évidence que plusieurs centaines de manifestants ont le pouvoir d’empêcher quelques casseurs de saccager, que si les policiers ne peuvent ou sont empêchés de le faire par ordre,  nous pouvons le faire, et que ce pouvoir, nous l’avons aussi pour le reste : si nous ne sommes pas satisfait de ceux qui se présentent aux élections, nous pouvons par exemple en masse voter blanc, et faire savoir  pourquoi. Merci à nos p’tits jeunes de nous rappeler qu’une alternative est toujours possible, mais pour çà il faut effectivement du courage et de l’imagination.

Par Carmen Molina
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Mercredi 27 décembre 2006

Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. Je commence par compatir avec tous les enfants qui ont leur anniversaire proche de Noël. Terrible : pas de fête parce que les copains sont partis, souvent un seul cadeau qui fati d'une pierre 2 coups. Adulte, les estomacs sont fatigués, les sorties limitées en conséquence. Un avantage quand même : la plupart du temps, je n'ai ni travaillé ni étudié le jour de mon anniversaire. Et puis les gens sont d'humeur joyeuse, festive.

.... Alors vous vous dites, elle va nous le dire son âge ? Avec vous je ne peux pas tricher : 54 ans.  27 décembre 1952, et même tiens là, je viens juste de naître (8:50h pour les astrologues). Ma soeur était avec moi la soirée de Noël, elle a cinq ans de moins que  moi et elle disait que sur le net, elle se donnait quelques années de moins (elle fait, comme moi beaucoup plus jeune que son âge, donc çà passe). Je connais d'autres personnes qui trichent aussi sur l'äge, çà a l'air donc d'être un phénomène assez courant. Personnellement,  je crois qu'on peut plaire jusqu'à la fin donc mon âge ne me préoccupe pas plus que çà. Je me souviens d'une émission de télé dont c'était le sujet, avec une vieille dame qui devait avoir autour de 70 ans et son compagnon, beaucoup plus jeune. Avec ses yeux bleus, ses cheveux blancs, son élégance et sa joie de vivre, elle illuminait le plateau, tout le monde était scotché, y compris les plus jeunes. Je me suis dit sur le coup, c'est à elle que je veux ressembler à cet âge. Avant mon modèle c'était Tina Turner, mais je me rends compte que je fais pas assez de gym pour obtenir ce résultat (la seule gym que je fais c'est d'habiter Paris, et surtout Montmartre, vous savez, avec les escaliers..) et vous, vous trichez avec votre âge ?

Par Carmen Molina
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Lundi 5 mars 2007

Pas le temps encore aujourd’hui, alors voilà une autre devinette. Qui a dit il y a de çà une trentaine d’années : « les jeunes vont finir par virer du mauvais côté parce qu’ils n’auront pas d’autres solutions »

Par Carmen Molina
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Vendredi 25 mai 2007

Encore la suite… (voir les 3 articles précédents)

Quelque soit le soin qu’on mettre à se peigner, il y a toujours un cheveu qui dépasse

Nous nous laissons obséder par des petits détails que notre bien-aimé(e) ne remarquera jamais, car il/elle est trop obsédé(e) par ses propres petits détails. Il est convaincu de s’être découvert un cheveu blanc, alors que les ridules qu’elle a sous les yeux la désespèrent et qu’elle essaie de les faire disparaître à grands coups de crème anti-âge… mon Dieu, ils n’ont que 17 ans !

 

Moi je dis, il n’y a pas que les jeunes qui sont obsédés par des détails que les autres ne voient pas…

 

Par Carmen Molina
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Mardi 23 octobre 2007

Comment oser utiliser un symbole de la résistance auprès d’adolescents dans le but de créer des valeurs pour cette jeunesse qui soi-disant est en perte de repères, alors que dans le même temps exactement, le gouvernement est directement suspecté d’être impliqué dans l’énorme scandale de délit d’initiés d'EADS, entre autres. Quand on est copain de dirigeants d’entreprise qui disent à leurs employés qu’ils n’auront pas leurs primes parce que la société va mal et qu’en même temps ils s’en mettent plein les poches avec sa complicité, on pourrait au moins avoir la décence de fermer sa gueule quand c’est découvert. Mais non, décomplexé on est, et on ose faire la morale avec les valeurs de la résistance à des jeunes à qui on vole l'avenir pour être incapables de fournir une éducation qui leur permet d’avoir un boulot et à qui on va allègrement laisser une dette qu’ils mettront plusieurs générations à rembourser, sans compter l’état d’une planète dont on se fout, puisque de notre vivant, on n’aura pas vu le pire. Sages, trop sages, ils sont plutôt, nos p’tits jeunes aujourd’hui, mais attendez qu’ils se rendent compte, et çà va être, justement, notre fête. 

Par Carmen Molina
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Mais où suis-je ?

Vous trouverez ici des articles qui sont des fois de l’ordre du coup de gueule du citoyen, des fois de l’ordre de la réflexion sur le développement personnel, des fois juste… des blagues pour rire. J’ai retrouvé dans « Imparfaits, libres et heureux » (Christophe André, Ed Odile Jacob) le lien qui existe entre le travail sur soi et la prise de responsabilité de notre personne sociale pour améliorer notre environnement au sens large; c’est ce que décrit l’auteur comme « l’effet papillon », je cite : Cette théorie qui explique qu’un petit battement d’aile à un bout du globe peut, de proche en proche, provoquer une tornade à l’autre extrémité de la planète. Ainsi, se changer aide les autres à changer. Il existe par exemple une contagion sociale des émotions, aussi bien négatives que positives.

Ceux qui ont changé le monde étaient d’abord des personnes qui avaient acquis (je ne crois pas que çà vienne du ciel, malheureusement, même s’il y a des « terrains favorables ») une éthique personnelle qu’ils ont appliquée et qui s’est répandue, comme une contagion positive. J’ai cette croyance que changer le monde, c’est d’abord travailler sur soi, modestement, pas à pas, faire en sorte que nos paroles correspondent petit à petit à nos pensées et à nos actes, chacun à notre niveau. Ce n’est pas le vote, une fois tous les 2, 3, 4 ou x années qui va le faire changer, le monde. Mais il ne s’agit pas non plus de se crisper là-dessus : le recul de l’humour est indispensable, l’oubli, des fois, de soi aussi, et toujours, le rappel de la beauté du monde, je donne comme illustration une citation de Hugo Von Hofmannstahl qui apparaît aussi dans le livre cité plus haut : Il allait par la campagne au milieu des champs, jeune garçon de seize ans, quand il leva son regard et vit un cortège de hérons blancs traverser le ciel à grande altitude : et rien d’autre, rien que la blancheur des créatures vivantes ramant sur le ciel bleu, rien que ces deux couleurs l’une contre l’autre ; cet ineffable sentiment de l’éternité pénétra à l’instant dans son âme et détacha ce qui était lié, lia ce qui était attaché, au point qu’il tomba comme mort ».

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QUAND

Quand nous pourrons voir le monde, mes frères, avec d’autres regards que  les nôtres seulement…

Quand nous ne serons plus troublés que nos aînés, quelquefois, soient à nouveau  des enfants effrayés ou perdus, et que nous leur pardonnerons d’être ce qu’ils sont…

Quand nous accepterons que ce que nous désirons ne nous soit pas dû et que les  responsabilités aillent avec les privilèges…

Quand nous saurons dire « assez »…

Si, dans le doute, nous vérifions d’abord et ne répondons plus nous-mêmes  à nos interrogations…

Quand, ayant fait litière des préjugés et fait le deuil aussi des illusions de l’enfance,  nous saurons lâcher prise, faire de notre inconscient un allié et nous confier au ruissellement du temps…

Quand librement nous accorderons pensées, paroles et sentiments…

Quand, sans faillir à notre loyauté, nous traquerons le secret et que finalement nous saurons appartenir en étant différents…

Quand nous chercherons le sens avant même le confort et que dans les revers et les infortunes nous nous mettrons en quête du cadeau qui s’y trouve caché…

Quand nous nous intéresserons, mes frères, au trajet autant qu’à la destination…

Quand avec les amis, les enfants, les patients, nous partagerons avec tendresse et avec tolérance notre temps, nos soins, notre attention et aussi le savoir et le savoir-faire que nous avons acquis…

Quand, acceptant notre différence, sans en faire des rivaux, nous verrons partout chez les humains nos frères et nos sœurs de toute éternité…

Quand nous serons vivants au lieu d’exister seulement, quand nous serons aimants au lieu de convoiter, et aussi désirants sans chercher forcément à satisfaire nos désirs ; croyants, enfin, au lieu d’avoir croyance, alors mes frères, nous pourrons passer les quatre dernières portes : lâcher le besoin d’être protégés, laisser la toute puissance, rompre sans ressentir la crainte le nœud d’identité et finalement désentraver notre âme retenue dans l’espace et le temps ordinaires… 

Alors, mes frères, ayant ouvert notre cœur, nous serons citoyens de ce monde et pourrons l’heure venue, lumineux, sereins, plonger dans l’univers.

Alain Crespelle

Terminé à Jérusalem le 3 juin 1995

 

 

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