La bannière

C’est Anthony qui a fait la belle bannière de Monde meilleur, avec, de gauche à droite, à côté de votre humble servitrice, plein de gens que j’aime bien : le Dalai Lama, un des rares religieux gai (attention, pour les égarés de l’orthographe, je n’ai pas dit « gay »), preuve s’il en fût que spiritualité ne rime pas forcément avec ennui ou obscurantisme religieux;  Tina Turner, pour l’énergie et parce qu'à 60 ans, elle est encore un sexe symbol; Eva Joly, pour le courage, cette juge qui s’attaque aux invulnérables et à la corruption qui gangrène notre monde; Didier Lockwood, violoniste de jazz de génie, pour l’amour de la musique; Laurence Foresti, pour l’intelligence de l’autodérision; Woody Allen dont j’aime même les mauvais films; Martin Luther King, pour la détermination; Christophe André, psychiatre et écrivain, qui nous a offert ce livre superbe : « Imparfaits, libres et heureux » et enfin Simone Veil pour le sens des responsabilités, elle, qui presque seule contre une assemblée d’hommes conservateurs, avait arraché la loi sur l’avortement.

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Ségolène

Vendredi 16 décembre 2005

Ségolène Royal est une femme politique pour laquelle j’éprouve des sentiments pour le moins partagés : d’une part, dès qu’elle ouvre la bouche, je me raidis de la même façon que lorsque la plupart de ces messieurs de la politique parlent, et ce pour les mêmes raisons : les c’est-pas-moi-c’est-l’autre, les quand-nous-étions-au-pouvoir-c’était-mieux, les le-peuple-en-a-assez (certes oui, mais c’est de vos débats stériles dont il a assez).

D’autre part, force est de constater que sa détermination et son pragmatisme ont fait avancer les choses dans certains domaines, dont celui de la famille et de l’éducation : pour ne citer que deux exemples, elle a fait interdire les dérives du bizutage dans certaines prépas et elle a soulevé le tabou des pédophiles à l’éducation nationale, ce qui demande plus qu’un peu de courage. On peut dire que ce sont des détails, moi je dis que c’est ce genre de « détails » qui font évoluer les mentalités et que ce n’est pas rien. Elle a aussi été la première femme ministre qui a eu un enfant pendant son ministère. Je ressens donc, oui, en même temps, osons dire le mot, une certaine admiration pour elle et depuis peu, depuis pour être claire qu’elle a osé émettre l’idée qu’elle pourrait se présenter à la présidence de la République , une réelle solidarité devant la déferlante de bêtises, de propos machistes ignominieux prononcés par certains hommes politiques dont on se demande s’ils ne se remettront jamais du fait que ce sont les femmes qui portent les enfants. Rappelons nous les attaques similaires faites à Simone Weil lorsqu’elle a fait passer le vote de la loi pour l’avortement : en 30 ans, la classe politique française n’a pas bougé d’un iota sur ce plan-là. Et je dis bien la classe politique parce que je pense qu’heureusement, les hommes en général ne sont pas comme çà. Je ne voterai pas pour elle pour autant pour les raisons que j’évoque plus haut, et je pense qu’il ne faut pas mélanger les genres, mais je ne serai pas très étonnée que si elle se présente, son score soit beaucoup plus élevé que ce à quoi ces messieurs s’attendent, parce qu’elle est une femme et parce qu’on essaie de l’humilier. Souvenons-nous du non à la constitution européenne. Le peuple est de moins en moins où on l’attend et 50% des électeurs sont… des électrices. Remarquez, dans l’hypothèse peu probable où elle soit élue, au moins on aurait quelque de courageux à la présidence, çà nous changerait un peu.
Par Carmen Molina
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Mercredi 8 mars 2006

En ce jour des Fâââmes, je vais parler… des hommes. Non par esprit de contradiction ou parce que j’estime qu’il n’y a plus rien à faire sur ce plan-là, la situation est même par endroit en train de se dégrader, en particulier là où les intégrismes sont en train de fleurir, y compris aux USA où on essaie de revenir sur la loi pour l’avortement.

Comme je suis de bonne humeur aujourd’hui, je vais laisser à d’autres le soin de défendre toutes celles qui ont besoin d’être défendues, et en plus ils et elles le feront sûrement mieux que moi. Non, aujourd’hui, je voudrais juste dire un petit mot sur la masculinité et la féminité, c’est Ségolène (encore elle) qui m’y a fait penser l’autre jour. Elle était au Salon de l’agriculture et s’acharnait sur un pauvre syndicaliste en hurlant sans lui laisser placer un mot que c’était un scandale que les pauvres éleveurs de poulet n’avaient pas encore reçu leurs compensations pour la grippe aviaire. Je laisserai le propos politique de côté, une fois n’est pas coutume, et ne m’attacherai qu’au processus : cette attitude à première vue, peut être qualifiée, dans son agressivité, de « virile ». Pour moi, de la même façon que le machisme est une caricature de la masculinité, l’agressivité en est une forme exagérée, tout comme le look Poupée Barbie peut l’être de la féminité. A chaque sexe ses déviations. Quand on essaie d’imiter l’autre sexe, c’est souvent à la caricature qu’on fait appel, c’est ce que fait Ségolène dans l’exemple que je cite, c’est ce que font certains homosexuels quand ils veulent imiter les femmes. Par contre, une femme qui prend des décisions en dirigeant une entreprise ne perd en rien de sa féminité,  elle fait juste appel dans le cadre de sa profession à un attribut plus souvent attribué et utilisé par les hommes et qui est la puissance. Dans d’autres cadres, par exemple dans sa vie affective, elle utilisera plutôt sa féminité.

De même, Dominique de Villepin au bord des larmes rendant hommage à Michel Seurat ne perd en aucun cas sa virilité, j’allais même dire bien au contraire. Quand il parlera du CPE à l’assemblée, il prendra l’attitude qui convient à ce moment-là et qui sera considérée comme étant plus masculine. Un homme qui veut bien montrer sa sensibilité me paraît gagner en séduction et sans vouloir parler pour mes consoeurs, je ne trouve rien de plus érotique qu’un homme qui se laisse aller à la douceur.

Par Carmen Molina
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Jeudi 6 avril 2006
...çà y est j'ai compris ce qui lui donne cette détermination farouche : j'ai entendu hier ce que son père, ancien militaire, disait lorsqu'on lui demandait combien d'enfants il avait : "j'ai 5 enfants et trois filles". Il y a des "petites phrases" parentales qui forge le caractère et je ne sais pas comment sont ses garçons mais une chose est sûre, il a au moins une fille qui en a.
Par Carmen Molina
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Vendredi 5 mai 2006

Ségolène, t’as vu, ils se demandent si tu es crédible, est-ce qu’ils se demandent si Chirac est crédible ou Strauss-Khan ou Villepin... ect ? Ils disent que tu dis rien, que t’as pas de projet. Ah bon, y a quelqu’un qui a un projet, j’ai raté un épisode ? Tout d'un coup, parce que c'est une femme, on se pose les vraies questions, pour un homme apparemment, le fait d'être un homme suffit. Et ce qui est triste c'est que ce sont parfois des femmes, aussi, qui les posent ces questions. 

Tu sais, moi quand j’ai fini mes études (Sciences Po et EHESS), pendant un entretien d'embauche, tu sais ce qu’on m’a dit, le plus sérieusement du monde ? Assied-toi : que je devrais commencer par le secrétariat et grimper les échelons un à un, que c’était le meilleur moyen. Tu vois un peu la tête du mec qui aurait les mêmes diplômes et à qui on dirait çà ?

Ségolène, tu te rends compte, nous on est des femmes, ils sont bien obligés de faire avec et tout, je veux dire, ils ont quand même un peu besoin de nous pour les bébés, tout çà, mais imagine les noirs et les autres, les pauvres, les oubliés de cette planète, je veux dire quand t’as pas besoin de quelqu’un, imagine ce qu’ils doivent entendre, eux... imagine...

Pour être tranquille, il faut être un homme blanc et riche et là moi je te dis, le public ne se posera jamais de question sur tes compétences. Encore mieux : homme, blanc, riche et PDG t'as même pas besoin de faire semblant dis donc : la boîte coule parce que t'as mal bossé, et paf, le pactole. A tous les coups tu gagnes.

Par Carmen Molina
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Jeudi 18 mai 2006
Eps, j’ai entendu aujourd’hui que certains barons du PS disent qu’ils préféraient perdre l’élection de 2007 plutôt que ce soit toi qui passe. Ségolène, tu n’as plus besoin de faire de meetings, tous ces braves gens travaillent pour toi. Encore un peu et tu pourras partir en vacances d’ici là.
Par Carmen Molina
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Vendredi 25 août 2006

Le copain de ma fille, tout intello qu’il est, lui a dit qu’il allait voter pour Ségolène parce qu’elle est jolie. Il a peut-être, d’ailleurs sûrement, dit çà pour la provoquer, mais il reste  l’évidence que le physique est toujours un enjeu majeur pour une femme, quelle que soit sa fonction, et en la matière, la beauté est souvent un couteau à double tranchant. Elle ouvre autant de portes qu’elle en ferme, et dans l’arène politique, on l’a vu avec l’exacerbation des critiques envers Ségolène, y compris dans son propre camp, elle lui en a fermé plus qu’elle ne lui en a ouvert. Une Simone Weil n’aurait jamais eu ce genre de commentaires, même si elle a du sûrement aussi se heurter au machisme ambiant de la classe politique française. Ce qui est donc un atout dans la vie privée pour une femme (on voit quand même beaucoup plus de couples Birkin/Gainsbourg, que l’inverse : bel homme/femme moins-belle-mais-pleine-de-charme) est loin de l’être dans les autres domaines de l’existence et devient carrément un handicap pour qui se lance dans la politique en France. Il reste… les électeurs !!!

Là, Ségolène, tu vois, tu vas pouvoir te venger, parce qu’il y en aura toujours qui voteront pour toi parce que tu es jolie, on sait très bien qu’ils ne seront pas assez nombreux pour faire pencher la balance, mais c’est une petite revanche bien agréable.
Par Carmen Molina
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Jeudi 14 septembre 2006

Je tombe en zappant hier soir sur une émission-débat dont la première partie était consacrée à la question, tenez-vous bien : Une femme peut-elle être présidente de la République  ? Au Moyen Age, un concile avait été consacré à la question : une femme peut-elle avoir une âme ? C’est fascinant de constater à quel point le temps, en l’occurrence les siècles, ne changent rien à certaines choses, et en particulier aux discriminations. C’est la forme qui change, mais le fond reste le même.

Du temps du début du féminisme, je me demandais pourquoi tant de bruit pour pas grand-chose. Ma mère, dans une génération où les femmes ne travaillait pas du tout, à fortiori  en Algérie, avait commencé à travailler à 19 ans et avait longtemps gagné plus que mon père, je ne voyais donc pas trop où était le problème jusqu’au jour où moi-même ai subi quelques réflexions et attitudes qu’il fallait bien qualifier de sexistes. Têtue, je continue quand même aujourd’hui, en face de certains propos féministes de penser que c’est exagéré (c’est parfois le cas), et puis de temps en temps, comme hier soir, je me trouve en face de propos et d’attitudes d’une telle violence et d’une telle bêtise de la part de gens étant supposés être intelligents que j’ai du mal à croire que les mots que j’entends ont vraiment été prononcés.

Pour être sur tous les fronts et parler sur tous les supports médiatiques, il paraîtrait que Ségolène ne dit jamais rien.  Ségolène fait telle ou telle proposition de changement ? Elle n’a pas de programme… elle se permet de faire telle ou telle remarque négative sur les 35 heures, de dire une chose positive sur le blairisme ou un mot de fermeté sur les problèmes de sécurité ? Tout ce qui n’est pas dans la ligne politique du parti socialiste et/ou dans le politiquement correct, n’existe tout simplement pas. Au mieux, lorsque ses opinions sont considérées, elle-fait-du populisme-primaire-pour-empiéter-sur-les-platebandes-de-Sarkozy. (Entre parenthèses, ce dernier, beaucoup plus malin que les autres, prend bien soin de la considérer car, lui, a pris conscience du danger qui le menace). Et puis de toutes façons, comme le dit si bien un militant socialiste, ce sont les militants qui vont choisir le futur président… ah bon, moi je croyais que c’était les français.

Ségolène par contre, se permet une remarque un peu brusque en face d’une jeune socialiste (qui est du reste bien en deçà de ce que se permettent les hommes politiques en général)? C’est une harpie sans nom, elle est sommée de s’excuser.  Ségolène ne sourit pas, elle montre ses dents. Elle est belle, donc on se demande si elle a les reins assez solides pour être présidente. En somme Ségolène quoiqu’elle fasse ou dise, ne fait rien et de toutes façons a toujours tort… et cette femme de devenir de plus en plus sympathique à tous ceux, gens normalement sensés de toutes opinions politiques, qui pensent que quand même au bout d’un moment trop c’est trop, y compris biensûr les hommes qui ne font pas partie de cette catégorie de machistes primaires, et qui sont la majorité. De là à voter pour elle, il n’y a qu’un pas que la bêtise de ceux qui la critiquent ainsi, ne voient pas puisqu’ils ne voient qu’eux-même. Tant mieux. Au moins de cette façon, nous risquons de moins en moins de les voir gouverner notre pays dans le futur, et de plus en plus de faire l’expérience de ce que pourrait donner une femme Présidente de la France. On sera sûr d’une chose, si elle arrive à tenir en face de cette avalanche de haine :  Ségolène est quelqu’un d’une volonté et d’une détermination sans faille et il faut au moins çà pour gouverner à la tête de la notre pays.

Par Carmen Molina
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Jeudi 12 octobre 2006

… mais pourquoi il a fallu que tu fasses çà ? çà n’avait pas suffi de proposer une loi pour la colonisation positive, maintenant il faut une loi pour condamner la négation par la Turquie du génocide arménien… si tu veux écarter la Turquie de l’Union européenne, alors bravo, mais dans ce cas-là n’en rajoute pas trop sur la moralité de ton geste, la tartine va devenir vraiment difficile à avaler… d’autant plus que la France n’est pas vraiment la mieux placée pour reconnaître rapidement ses manquements passés, si tu vois ce que je veux dire, je sais que le ridicule ne tue pas mais il peut faire perdre les élections… et si tu veux vraiment rendre service à l’humanité en faisant reconnaître le génocide arménien, comment tu peux ne pas te rendre compte que çà va juste figer les positions de chacun et faire reculer le moment de la reconnaissance par la Turquie au lieu de l’avancer ? On n’a pas assez des Etats-Unis comme justicier de la planète, il faut que nous aussi on s’y mette ? …Et tu vas m’expliquer ce que fait la loi dans tout çà ? et si la loi a quelque chose à faire dans tout çà, pourquoi pas une loi contre tous les responsables de la planète qui laisse les massacres se perpétuer au Darfour sans lever le petit doigt, là tout de suite ?

Ce ne sont pas seulement les éléphants du PS qui apporte leur carburant pour faire marcher la machine à perdre, moi je te dis…

Par Carmen Molina
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Lundi 13 novembre 2006

Et voilà qu’elle revient sur le devant de la scène, si tant est qu’elle en soit jamais partie, avec l’histoire de la video circulant sur Internet la montrant en réunion en train de proposer que les profs fassent les 35 heures… pour aider les enfants qui ont besoin de soutien scolaire et compenser l’aide des cours particuliers que les familles aisées font prendre à leurs enfants. On passe sur la ficelle, grosse comme une corde d’arrimage, qui consiste à retirer les propos d’un contexte pour décrédibiliser un adversaire politique. Notre copine, il lui en faut un peu plus pour la déstabiliser d’une part, et à force de prendre les français pour des imbéciles d’autre part, on finit par les rendre de plus en plus récalcitrants à ce genre de procédé. Bref, bientôt nos hommes politiques ne s’amuseront plus qu’entre eux.

Venons-en au contenu donc. Proposer d’aider les enfants défavorisés en utilisant l’argent public pour atténuer une inégalité, c’est ni plus ni moins une vraie proposition socialiste (tout comme la recomposition de la carte scolaire qu’elle propose également). Elles sont tellement rares que celle-ci mérite au moins d’être soulignée en tant que telle. On dit que Fabius est le plus à gauche des trois candidats, mais le peu de déclarations que j’ai entendu de sa bouche n’approchent aucunement la radicalité d’une telle déclaration. Que les syndicats d’enseignants, les enseignants et toute la gauche non radicale se rassurent cependant (ne parlons pas biensûr de la droite) : il n’y a aucune chance qu’un tel projet passe pour au moins une raison : elle ne pourra jamais arriver seule contre tous et tous les hommes politiques, toutes tendances confondues, et à quelques rares exceptions prêt, habitent dans les mêmes quartiers, bien loin de ces enfants défavorisés qui risqueraient de faire baisser le niveau, cette catastrophe suprême, l’égalité, c’est bien connu, c’est pour les autres. En sus, l’électorat de gauche n’a de plus en plus de socialiste que le bulletin de vote et les bonnes intentions. Quant à mettre son fils ou sa fille dans une école publique un peu mélangée, il faut quand même pas exagérer. En somme, l’éducation étant comme chacun sait, le nerf de la guerre, et l’élément, plus encore que l’argent, qui définit la classe sociale dirigeante, personne n’aura l’idée saugrenue de se tirer une balle dans le pied. Dormez tranquille, braves gens.

Par Carmen Molina
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Mardi 28 novembre 2006

Je voudrais vous faire partager un article que j’ai lu dans le Marianne de cette semaine (entre parenthèses, il faut que j’arrête de lire ce journal dans le métro, je commence  à parler toute seule quand je lis ce genre de choses, avec des gros mots au milieu, -vous savez, comme en voiture-, çà va finir par nuire à mon image de marque…)

 

Le 27 novembre 2002, le rapporteur général du budget au Sénat, l’UMP Philippe Marini, dépose au nom de la commission des Finances un étrange amendement, intitulé « Siic », à la loi de finances 2003. Le texte instituant la « société immobilière d’investissement cotée » est adopté nuitamment sans que l’opposition y comprenne grand’chose. C’est en réalité une bombe qui va envoyer au ciel les titres des sociétés foncières cotées en Bourse, comme Gécina ou Foncière des régions. Et mettre sur le carreau des milliers de locataires dont les immeubles ont été mis en vente à la découpe. La Siic est un cadeau fiscal de plusieurs milliards d’euros pour ces firmes qui sont devenues les plus gros bailleurs privés du pays. Elles seront désormais exemptées de l’impôt sur les sociétés (33,3%). En échange d’une taxe libératoire de 16,5 (dite Exit tax), plus d’impôt sur les loyers et surtout, plus d’impôt sur les plus-values réalisées lors d’une cession d’immeuble. Une véritable prime à la vente. Le régime est si favorable que toutes les firmes éligibles l’ont adopté. Mieux, saisissant l’occasion, des sociétés non cotées se sont précipitées pour faire leur entrée en Bourse. D’autres, comme Accor, leur ont cédé leurs murs, profitant de l’extension du dispositif à toutes les entreprises. La Siic a accéléré les ventes à la découpe. Avec les plus-values, les foncières ont acheté des bureaux et nourri la bulle immobilière. L’Etat, qui a encaissé l’essentiel de l’Exit tax sur les recettes de 2003 à 2007, sera non seulement privé des futurs impôts sur les plus-values des ventes éventuelles, mais également des impôts sur les revenus générés par les loyers.

Ce matin j’entendais dire à la radio, au sujet de la popularité de Ségolène Royal : «Le rejet de la politique est tel que les français sont prêts à se jeter dans l’inconnu »… on se demande bien pourquoi…

 

 

Par Carmen Molina
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Mais où suis-je ?

Vous trouverez ici des articles qui sont des fois de l’ordre du coup de gueule du citoyen, des fois de l’ordre de la réflexion sur le développement personnel, des fois juste… des blagues pour rire. J’ai retrouvé dans « Imparfaits, libres et heureux » (Christophe André, Ed Odile Jacob) le lien qui existe entre le travail sur soi et la prise de responsabilité de notre personne sociale pour améliorer notre environnement au sens large; c’est ce que décrit l’auteur comme « l’effet papillon », je cite : Cette théorie qui explique qu’un petit battement d’aile à un bout du globe peut, de proche en proche, provoquer une tornade à l’autre extrémité de la planète. Ainsi, se changer aide les autres à changer. Il existe par exemple une contagion sociale des émotions, aussi bien négatives que positives.

Ceux qui ont changé le monde étaient d’abord des personnes qui avaient acquis (je ne crois pas que çà vienne du ciel, malheureusement, même s’il y a des « terrains favorables ») une éthique personnelle qu’ils ont appliquée et qui s’est répandue, comme une contagion positive. J’ai cette croyance que changer le monde, c’est d’abord travailler sur soi, modestement, pas à pas, faire en sorte que nos paroles correspondent petit à petit à nos pensées et à nos actes, chacun à notre niveau. Ce n’est pas le vote, une fois tous les 2, 3, 4 ou x années qui va le faire changer, le monde. Mais il ne s’agit pas non plus de se crisper là-dessus : le recul de l’humour est indispensable, l’oubli, des fois, de soi aussi, et toujours, le rappel de la beauté du monde, je donne comme illustration une citation de Hugo Von Hofmannstahl qui apparaît aussi dans le livre cité plus haut : Il allait par la campagne au milieu des champs, jeune garçon de seize ans, quand il leva son regard et vit un cortège de hérons blancs traverser le ciel à grande altitude : et rien d’autre, rien que la blancheur des créatures vivantes ramant sur le ciel bleu, rien que ces deux couleurs l’une contre l’autre ; cet ineffable sentiment de l’éternité pénétra à l’instant dans son âme et détacha ce qui était lié, lia ce qui était attaché, au point qu’il tomba comme mort ».

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QUAND

Quand nous pourrons voir le monde, mes frères, avec d’autres regards que  les nôtres seulement…

Quand nous ne serons plus troublés que nos aînés, quelquefois, soient à nouveau  des enfants effrayés ou perdus, et que nous leur pardonnerons d’être ce qu’ils sont…

Quand nous accepterons que ce que nous désirons ne nous soit pas dû et que les  responsabilités aillent avec les privilèges…

Quand nous saurons dire « assez »…

Si, dans le doute, nous vérifions d’abord et ne répondons plus nous-mêmes  à nos interrogations…

Quand, ayant fait litière des préjugés et fait le deuil aussi des illusions de l’enfance,  nous saurons lâcher prise, faire de notre inconscient un allié et nous confier au ruissellement du temps…

Quand librement nous accorderons pensées, paroles et sentiments…

Quand, sans faillir à notre loyauté, nous traquerons le secret et que finalement nous saurons appartenir en étant différents…

Quand nous chercherons le sens avant même le confort et que dans les revers et les infortunes nous nous mettrons en quête du cadeau qui s’y trouve caché…

Quand nous nous intéresserons, mes frères, au trajet autant qu’à la destination…

Quand avec les amis, les enfants, les patients, nous partagerons avec tendresse et avec tolérance notre temps, nos soins, notre attention et aussi le savoir et le savoir-faire que nous avons acquis…

Quand, acceptant notre différence, sans en faire des rivaux, nous verrons partout chez les humains nos frères et nos sœurs de toute éternité…

Quand nous serons vivants au lieu d’exister seulement, quand nous serons aimants au lieu de convoiter, et aussi désirants sans chercher forcément à satisfaire nos désirs ; croyants, enfin, au lieu d’avoir croyance, alors mes frères, nous pourrons passer les quatre dernières portes : lâcher le besoin d’être protégés, laisser la toute puissance, rompre sans ressentir la crainte le nœud d’identité et finalement désentraver notre âme retenue dans l’espace et le temps ordinaires… 

Alors, mes frères, ayant ouvert notre cœur, nous serons citoyens de ce monde et pourrons l’heure venue, lumineux, sereins, plonger dans l’univers.

Alain Crespelle

Terminé à Jérusalem le 3 juin 1995

 

 

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