La bannière

C’est Anthony qui a fait la belle bannière de Monde meilleur, avec, de gauche à droite, à côté de votre humble servitrice, plein de gens que j’aime bien : le Dalai Lama, un des rares religieux gai (attention, pour les égarés de l’orthographe, je n’ai pas dit « gay »), preuve s’il en fût que spiritualité ne rime pas forcément avec ennui ou obscurantisme religieux;  Tina Turner, pour l’énergie et parce qu'à 60 ans, elle est encore un sexe symbol; Eva Joly, pour le courage, cette juge qui s’attaque aux invulnérables et à la corruption qui gangrène notre monde; Didier Lockwood, violoniste de jazz de génie, pour l’amour de la musique; Laurence Foresti, pour l’intelligence de l’autodérision; Woody Allen dont j’aime même les mauvais films; Martin Luther King, pour la détermination; Christophe André, psychiatre et écrivain, qui nous a offert ce livre superbe : « Imparfaits, libres et heureux » et enfin Simone Veil pour le sens des responsabilités, elle, qui presque seule contre une assemblée d’hommes conservateurs, avait arraché la loi sur l’avortement.

Pour faire la pub

Recherche

Quel jour on est

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Lundi 3 mars 2008
Deuxième volet de la réflexion sur le bonheur, vu cette fois par Jean-Didier Vincent, neurobiologiste (je rappelle que cet article comme le précédent sur ce sujet fait partie d’un dossier sur la dépression qui est paru dans le dernier magazine de Science et Avenir).
Non, la science, la médecine ne peuvent et ne doivent pas prendre en charge tout le mal-être des citoyens ! Mon diagnostic c’est que la France est dans un état maniaco-dépressif qui touche toutes les couches de la société, avec des phases d’excitation extrêmes et des phases de dégoût pour le travail, d’impuissance à vivre, un sentiment plus ou moins global de culpabilité, qui lui fait rechercher des boucs émissaires. Elle fonctionne mal car elle n’a plus de désir. Les plus riches sont accablés de stimuli, de sollicitations qui finissent par les désensibiliser. Exactement comme les plus pauvres qui n’ont rien à manger. Notre société n’est pas vertueuse. Elle prône un faux bonheur, une pure illusion : il suffit de satisfaire le manque, le besoin, pour que tout s’arrange. Mais comme ce manque est sans fin, on est de plus en plus frustré, de plus en plus triste et on finit par tomber en dépression. Alors nos gouvernants, intoxiqués par la pub, les sondages, au lieu d’essayer de changer la société, lance une campagne nationale : si vous êtes déprimé, allez voir le médecin ! C’est comme pour la sexualité. On vous dit « faites l’amour trois fois par semaine » et si vous ne pouvez pas, le médecin peut faire quelque chose pour vous. Bref, on vous donne un médicament au lieu de restaurer le désir… Le moteur principal de notre cerveau, son élan vital pour supporter la relation au monde est le désir, le désir d’agir. Ce sont mes affects qui dirigent mes actes et non le contraire. Je ne suis pas de bonne humeur parce que j’ai fait une bonne action mais j’ai fait une bonne action parce que j’étais de bonne humeur.
Pour que notre société soit plus heureuse, il faut donc que chaque individu cherche ce qu’il désire vraiment. Le respect des autres viendra de soi. La médecine n’a rien à voir là-dedans. Cultivons notre affect et nos actes suivront. Faites des fêtes de quartier, parlez à vos voisins, évitez de vous mettre en colère. Une bonne politique de santé psychique, c’est de restaurer un environnement dans lequel on se sent entouré, dans lequel l’individu puisse développer sa personnalité, dès le plus jeune âge.
Et si un individu est vraiment déprimé, qu’il aille voir un « bon » psychiatre (il en existe !) C'est-à-dire celui qui écoute son malade, qui le regarde vivre, marcher, observe ses postures. Il mettra alors peut-être en place un traitement médicamenteux, mais aussi une relation médecin-malade cruciale. Car la valeur du médicament est liée au médecin. Vous ne soignerez jamais une dépression en achetant des antidépresseurs dans un distributeur.
Par Carmen Molina - Publié dans : Le coin psy
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Mais où suis-je ?

Vous trouverez ici des articles qui sont des fois de l’ordre du coup de gueule du citoyen, des fois de l’ordre de la réflexion sur le développement personnel, des fois juste… des blagues pour rire. J’ai retrouvé dans « Imparfaits, libres et heureux » (Christophe André, Ed Odile Jacob) le lien qui existe entre le travail sur soi et la prise de responsabilité de notre personne sociale pour améliorer notre environnement au sens large; c’est ce que décrit l’auteur comme « l’effet papillon », je cite : Cette théorie qui explique qu’un petit battement d’aile à un bout du globe peut, de proche en proche, provoquer une tornade à l’autre extrémité de la planète. Ainsi, se changer aide les autres à changer. Il existe par exemple une contagion sociale des émotions, aussi bien négatives que positives.

Ceux qui ont changé le monde étaient d’abord des personnes qui avaient acquis (je ne crois pas que çà vienne du ciel, malheureusement, même s’il y a des « terrains favorables ») une éthique personnelle qu’ils ont appliquée et qui s’est répandue, comme une contagion positive. J’ai cette croyance que changer le monde, c’est d’abord travailler sur soi, modestement, pas à pas, faire en sorte que nos paroles correspondent petit à petit à nos pensées et à nos actes, chacun à notre niveau. Ce n’est pas le vote, une fois tous les 2, 3, 4 ou x années qui va le faire changer, le monde. Mais il ne s’agit pas non plus de se crisper là-dessus : le recul de l’humour est indispensable, l’oubli, des fois, de soi aussi, et toujours, le rappel de la beauté du monde, je donne comme illustration une citation de Hugo Von Hofmannstahl qui apparaît aussi dans le livre cité plus haut : Il allait par la campagne au milieu des champs, jeune garçon de seize ans, quand il leva son regard et vit un cortège de hérons blancs traverser le ciel à grande altitude : et rien d’autre, rien que la blancheur des créatures vivantes ramant sur le ciel bleu, rien que ces deux couleurs l’une contre l’autre ; cet ineffable sentiment de l’éternité pénétra à l’instant dans son âme et détacha ce qui était lié, lia ce qui était attaché, au point qu’il tomba comme mort ».

 ************************

QUAND

Quand nous pourrons voir le monde, mes frères, avec d’autres regards que  les nôtres seulement…

Quand nous ne serons plus troublés que nos aînés, quelquefois, soient à nouveau  des enfants effrayés ou perdus, et que nous leur pardonnerons d’être ce qu’ils sont…

Quand nous accepterons que ce que nous désirons ne nous soit pas dû et que les  responsabilités aillent avec les privilèges…

Quand nous saurons dire « assez »…

Si, dans le doute, nous vérifions d’abord et ne répondons plus nous-mêmes  à nos interrogations…

Quand, ayant fait litière des préjugés et fait le deuil aussi des illusions de l’enfance,  nous saurons lâcher prise, faire de notre inconscient un allié et nous confier au ruissellement du temps…

Quand librement nous accorderons pensées, paroles et sentiments…

Quand, sans faillir à notre loyauté, nous traquerons le secret et que finalement nous saurons appartenir en étant différents…

Quand nous chercherons le sens avant même le confort et que dans les revers et les infortunes nous nous mettrons en quête du cadeau qui s’y trouve caché…

Quand nous nous intéresserons, mes frères, au trajet autant qu’à la destination…

Quand avec les amis, les enfants, les patients, nous partagerons avec tendresse et avec tolérance notre temps, nos soins, notre attention et aussi le savoir et le savoir-faire que nous avons acquis…

Quand, acceptant notre différence, sans en faire des rivaux, nous verrons partout chez les humains nos frères et nos sœurs de toute éternité…

Quand nous serons vivants au lieu d’exister seulement, quand nous serons aimants au lieu de convoiter, et aussi désirants sans chercher forcément à satisfaire nos désirs ; croyants, enfin, au lieu d’avoir croyance, alors mes frères, nous pourrons passer les quatre dernières portes : lâcher le besoin d’être protégés, laisser la toute puissance, rompre sans ressentir la crainte le nœud d’identité et finalement désentraver notre âme retenue dans l’espace et le temps ordinaires… 

Alors, mes frères, ayant ouvert notre cœur, nous serons citoyens de ce monde et pourrons l’heure venue, lumineux, sereins, plonger dans l’univers.

Alain Crespelle

Terminé à Jérusalem le 3 juin 1995

 

 

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus