La bannière

C’est Anthony qui a fait la belle bannière de Monde meilleur, avec, de gauche à droite, à côté de votre humble servitrice, plein de gens que j’aime bien : le Dalai Lama, un des rares religieux gai (attention, pour les égarés de l’orthographe, je n’ai pas dit « gay »), preuve s’il en fût que spiritualité ne rime pas forcément avec ennui ou obscurantisme religieux;  Tina Turner, pour l’énergie et parce qu'à 60 ans, elle est encore un sexe symbol; Eva Joly, pour le courage, cette juge qui s’attaque aux invulnérables et à la corruption qui gangrène notre monde; Didier Lockwood, violoniste de jazz de génie, pour l’amour de la musique; Laurence Foresti, pour l’intelligence de l’autodérision; Woody Allen dont j’aime même les mauvais films; Martin Luther King, pour la détermination; Christophe André, psychiatre et écrivain, qui nous a offert ce livre superbe : « Imparfaits, libres et heureux » et enfin Simone Veil pour le sens des responsabilités, elle, qui presque seule contre une assemblée d’hommes conservateurs, avait arraché la loi sur l’avortement.

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Lundi 8 décembre 2008

Je viens d’ouvrir un nouveau blog aujourd’hui qui s’appelle « l’effet papillon », avec presque la même adresse que celui-ci c'est-à-dire http://bouchedecousue.over-blog.com/ pour que les anciens me retrouvent s’ils le désirent. Il est à l’état de petite graine pour l’instant, je ne sais pas encore ce que je vais en faire, mais vos réactions m’ont fait réaliser que c’était dommage de tout mettre à la poubelle. Je mettrai les articles de Monde meilleur dans une rubrique intitulée « C’était avant » et pour le reste, on verra au fur et à mesure. L’effet papillon naît aujourd’hui, belle vie à lui…

Par Carmen Molina
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Jeudi 13 novembre 2008

Chers tous(tes),

 

Toutes choses ayant un début un milieu et une fin, ce blog va bientôt s’arrêter. Mes fidèles lecteurs ont dû remarquer que les articles se faisaient de plus en plus rares. Une raison essentielle à çà : à côté de mon boulot, ma formation de psychothérapeute prend beaucoup de mon temps et je dois aussi à mes futurs clients de prendre soin de moi-même pour montrer l’exemple : du coup entre cours et… amusements, le blog est délaissé. Parallèlement à çà, ce qui était la ligne directrice de ce blog, à savoir, pour faire joli, la critique sociale et politique de notre temps me paraît être complètement dépassée par les événements : je ne trouve plus les mots. Certains diront que c’est justement maintenant qu’il faut aller au charbon. Soit.  Mais plus que jamais, je crois aussi qu’il faut d’abord balayer devant sa porte avant d’entreprendre de changer le monde et je m’y attelle. Peut-être aussi que plus tard, j’y reviendrai, mais si c’est le cas, ce sera sous une autre forme. 

En attendant, mon pack Premium de Monde meilleur s’arrête le 9 décembre et je ne le renouvellerai pas. Merci à tous/toutes pour vos mots gentils, pour vos critiques et traces diverses qui ont fait ce que ce blog a été.
Par Carmen Molina
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Lundi 13 octobre 2008

Vous pensez que les psys sont trop sérieux ? allez voir un peu sur ce site, vous changerez d’avis : http://tumourrasmoinsbete.blogspot.com/2008/08/mardi-cest-psychologie.html

Par Carmen Molina - Publié dans : Le coin psy
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Mercredi 13 août 2008

En vacances, dans une maison de location, je suis tombée sur un vieux journal de décembre 1999 où j’ai trouvé un article sur le passage à l’an 2000. Je vous le retranscris tel quel. Il semble que l’auteur ait tort sur un point : le siècle qui venait pouvait effectivement être plus mauvais, l’homme n’ayant pas plus appris que dans les siècles précédents à se méfier de lui-même, mais il a raison sur un autre : toujours une alouette se sauvera.

Faut-il regretter cet affreux XXe siècle qui jetait ses derniers feux, tandis que les bombes russes pleuvaient sur Grozny et que les nappes de fioul fondaient sur Belle-Ile ? Non, franchement, il n’y a pas de quoi pleurer dessus. Ces dernières semaines, les prosélytes du progrès et de la croissance nous ont rebattu les oreilles aves les mille et une merveilles que l’homme a inventées en cent ans. A juste titre. La liste est impressionnante, même si la connaissance semble avancer dans un monde qui recule au fur et à mesure devant elle, tant il devient complexe.

Que savons-nous des grandes questions qui hantaient déjà Aristote et Platon ? Pas grand-chose. Qu’avons-nous appris sur le mal qui continue de ravager la terre, comme aux premiers temps ? Rien, ou presque. Nous n’avons toujours pas percé l’énigme de la conscience, ni celle de Dieu. Ces mystères nous dépassent toujours, même si nous feignons souvent d’en être les organisateurs.

Il y a quelque chose de pathétique à voir l’homme se cloner, marcher sur la lune, ou explorer le système solaire, quand il ne se comprend pas lui-même, et qu’il reste son pire ennemi. C’est ce qu’il a prouvé tout au long de ce siècle, avec la Shoah d’abord, quand les nazis industrialisèrent l’extermination des juifs au nom de la « race pure », ou avec les charniers du communisme dans l’ancienne Union soviétique ou en Chine populaire, quand les marxistes massacraient le peuple pour son bien.

Que des armées de benêts ou de jobards aient pu tomber dans le panneau de ces idéologies mortifères, on a peine à le croire, tant leur littérature est débile. Relisez-là. C’est à rire, ou plutôt à pleurer. On n’arrive pas à comprendre, aujourd’hui, que Hitler ait fait partager sa démence à tant de monde, que le IIIème Reich ait pris son envol sous l’œil indifférent des grandes nations , qu’il ait trouvé tant de louangeurs en leur sein ou que, de ce côté-ci du Rhin, un personnage comme Maurras ait pu passer pour un grand penseur, ce dindon solennel atteint de délire antisémite, qui allait jusqu’à accuser les Juifs de prescrire des sacrifices humains. Au fou ! Ce sont les premiers mots qui viennent à l’esprit devant toute cette haine baveuse et criminelle.

On ne peut davantage excuser les intellectuels et tous ceux qui célébraient, la bouche en cœur et les yeux fermés, l’abomination soviétique avec les mots bêtas de Thorez : « La vie est toujours belle dans les cités ouvrières et les kolkhozes où les fleurs tapissent les pelouses et embellissent les logements. Grâce à Staline, le citoyen soviétique connaît déjà ce monde heureux où, selon la parole de Marx, il y a pour tous du pain et des roses » (1949, discours à la Mutualité). Par bêtise ou aveuglement, ils se rendirent complices de crimes contre l’humanité. On aura du mal à fermer la porte de ce siècle qui s’achève, à cause de tous les monceaux de cadavres qui sont entassés derrière, les cadavres de nos Gengis Khan modernes. On répugne à les pousser. Puissent-ils rester longtemps à découvert, pour se rappeler à notre mauvaise conscience.

Certes, notre siècle aura été celui de Gandhi, de mère Theresa ou de Martin Luther King. Sans oublier Edith Stein, Jean-Paul II ou Nelson Mandela.

Mais il restera surtout, hélas, celui de Hitler, de Staline et de Mao, les trois monstres qui l’auront le plus marqué, et je ne parle pas de leurs petits, comme Pol Pot, Hodja ou Ceausescu.

Le siècle qui arrive ne pourra pas être plus mauvais. Mais l’homme gagnera au change s’il sait tirer les leçons du précédent. En apprenant à se méfier de lui-même, c'est-à-dire du loup qui sommeille en son for intérieur. Il y a dix ans, la Yougoslavie était un havre de tranquillité, la dictature (molle) en plus. En moins de rien, le passé est monté à la surface, ses habitants sont retombés dans l’enfance du monde et ont commencé à se tuer entre eux, comme à l’âge de pierre pour des questions de bornage.

Souvenons-nous-en. Il paraît que la Yougoslavie faisait partie de notre civilisation européenne, notre civilisation européenne toute gorgée de suffisance morale, qui, soit dit en passant, a enfanté les deux idéologies les plus criminelles du siècle. Même à l’heure de la mondialisation, et de la mise en réseau de la planète, l’histoire reste, comme au temps de Shakespeare, une tragédie racontée par un fou. Tous les éléments sont là, pour les drames à venir, les inégalités croissantes entre pays riches et pays pauvres ou les antagonismes grandissant entre les géants démographiques que sont la Chine et l’Inde, qui sera bientôt la nation la plus peuplée de la terre. Sans parler bien sûr des catastrophes naturelles et des virus mutants qui nous guettent. Rien, pourtant, ne doit nous condamner au pessimisme. Le plus grand prophète de malheur qu’était Ezéchiel fut aussi un grand prophète d’espérance et Goethe avait raison quand il maugréait, pince-sans-rire : « Tout s’arrangera, et, si le ciel tombe, il se sauvera bien une alouette ». Nous serons l’alouette si nous nous sommes préparés à tout, même au pire.

Bonne année, bon siècle !

Par Carmen Molina - Publié dans : Mutation anthropologique
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Mercredi 9 juillet 2008

A la demande générale de Nirvana, voici la fable de l’huître et du poulpe, bonne dégustation à vous tous et… toutes bien sûr et bonnes vacances en couple, ou pas

 

Révoltée tout autant que pleine de frayeur

A l’idée de tomber aux mains des mareyeurs

Une huître jeune et belle entreprît d’échapper

A son fatal destin : le panier du pêcheur,

De l’écailler la lame, puis la dent du dîneur ;

Car l’homme des tavernes a du goût pour happer,

Gober et déguster les fruits de l’océan

Profitant de la nuit, sans plus atermoyer,

Du banc de ses ancêtres elle ôta son séant

Roulée par les courants, brassée et à demi broyée,

Notre coquillage trouva refuge enfin

Dans l’épave noyée d’un vaisseau ancien

Là l’huître s’endormit, rendue mais soulagée

Or dans le ventre obscur de la galère

Vivait déjà, triste et célibataire

Un poulpe dont la mère était naguère

Passée de vie à trépas fort âgée

Il ne guérissait pas notre céphalopode

De la détresse de ce deuil, cherchant sans cesse

Quelque nouvel objet qui méritât sa tendresse,

A qui son cœur brûlât de dédier une ode

Qu’il pût chérir, combler d’attentions majuscules

Envelopper aussi de multiples caresses

Qu’il dispensait fort bien de ses huit tentacules

Qu’elle était donc mignonne, dans son pourpoint vert

Et son écrin nacré qu’elle avait entr’ouvert,

Notre jeune fugueuse assoupie dans le soir…

Je vous laisse à penser la suite de l’histoire:

Le poulpe sut si bien jouer de la ventouse

Que l'huître il séduisit et en fit son épouse

Et pourtant, certains soirs, la bisbille et la brouille

S’installent tout à coup au cœur du couple heureux :

Au milieu des ébats, le mollusque peureux

Retrouve sous l’étreinte du mari la trouille

Enfouie dans l’ostréenne mémoire,

D’être ouvert de force, d’être aspiré,

Dévoré ; englouti par quelque monstre noir,

Il ferme le clapet de sa couche livide

Mais l’octopode alors revit son cauchemar :

Le silence, et surtout l’insupportable vide

Laissé par le départ du maternel calmar

Tentant d’amadouer son bivalve précieux,

Shiva perdu chez Neptune, notre amoureux

Lui fait une prison de tous ses bras noueux

Plus il enserre et plus l'huître se claquemure

Plus elle se retire en sa crayeuse armure

Plus il la ligote, en lui demandant pardon,

Tant l’agite la peur d’un nouvel abandon

Alors, si ce sont là si absurdes façons,

Comment donc expliquer, où trouver la raison

Que tant d'huîtres convolent avec tant de supions ?

De leur union parfois naît une créature

Mi-pieuvre, mi-mollusque – étrange géniture ! –

Ayant de l’un hérité la terreur

D’être largué, et de l’autre l’horreur

D’être tenu serré, d’être étouffé

Cet être vit séduit autant que repoussé

Par l’idée d’un hymen ou de l’intimité :

On le voit qui passe sa terrible existence

A tendre les bras à ceux qu'il tient à distance !

Oui, sous la surface du drap bleu que les anges

Etendent sur les eaux, bien des choses étranges

Se passent en dehors des usages et à l’abri des yeux

Grâces en soient rendues aux Dieux, il n’est loisir

D’en voir d’aussi belles en nos terrestres lieux !

Là, chacun reconnaît l’objet de son désir

Ou de sa répulsion, agit et pense clairement

Et cultive en son cœur de bien purs sentiments

Et pourtant, quelquefois, je regarde au-delà

Et je me dis que nous autres humains

Ressemblons fort à ce couple marin :

N’allons-nous pas choisir pour compagnon de route

Justement celui-ci, justement celle-là

Dont nous souffrons le moins la façon dont il joute

Pour se mettre à l’abri des dangers qu’à ses yeux

Lui font courir nos artifices et nos jeux

Le propos de ma fable est de vous avertir :

Le paradis des amants peut dissimuler un bagne :

A tout le moins, j’ai cherché à vous divertir,

Toi qui me lis, ton compagnon ou …ta compagne

Alain Crespelle                               Janvier 1986

 

Par Carmen Molina - Publié dans : De l'amour
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Lundi 28 avril 2008

Ah la responsabilité de l’Occident sur la pauvreté dans ce qu’on appelait autrefois les pays en voie de développement et qu’on appelle aujourd’hui les pays émergeants (enfin, pas tous émergeants justement) ! comment elle les a volé, comment elle s’est servie de leurs terres pour ses propres besoins, comment elle a imposé un développement inadéquat dans des cultures qu’elle ne comprenait pas. La Chine et l’Inde ont admirablement compris la leçon et l’élève dépassant le maître, appliquent à la lettre pour leurs plus grands profits, des principes économiques de base sur lesquels nous-mêmes aujourd’hui nous interrogeons. Parce que nous avons fait le tour du progrès en matière de capitalisme et que nous commençons à en être les victimes, peut-être ? Parce que nous avons perdu le leadership ? Parce qu’est né de tout çà une espèce de monstre appelé capitalisme financier débridé dont le contrôle nous échappe de plus en plus ? Ironie de l’histoire, les pays émergeants exploitent avec la même verve que les pays industrialisés du début du 20ème siècle ceux qu’on n’ose même plus appeler en voie de développement parce que ce qui était une voie est devenu une impasse. Ainsi la Chine fait travailler sans états d’âme des africains 10 à 12 heures par jour sept jours par semaine pour faire exploser son taux de croissance. On en viendrait presque à regretter le paternalisme du capitalisme débutant où le patron avait encore un semblant de conscience. Sans parler du dommage écologique. Un (très maigre) avantage à cette histoire : sans vouloir minimiser les méfaits de la colonisation, on voit bien là qu’il n’y a pas d’un côté les méchants colonisateurs occidentaux et les gentils colonisés colorés, si tant est qu’on le croyait encore.

D’ailleurs, comme très souvent, tout cela partait en général d’un très bon sentiment : on voulait leur donner les moyens de développement qu’ils n’avaient pas. On voulait lutter contre la pauvreté par l’économie (quand j’entends « éradiquer » la pauvreté, çà me fait bondir, la violence des mots entraînant souvent des violences de situations). Ce faisant, et c’est là le plus triste de l’histoire, on ne s’est pas rendu compte qu’on les dépossédait d’eux-mêmes. Pauvres ils étaient certes, mais tant bien que mal, ils mangeaient et ils avaient ce qui est essentiel à l’être humain après la nourriture, la liberté et le respect de soi. Non seulement ils sont aujourd’hui privés de l’essentiel, mais ils sont devenus des sous-prolétariats urbains. En même temps, et ce n’est certes pas une consolation, se développe aux USA et dans certaines villes européennes, la formation d’un prolétariat de « riches » qui n’existait pas avant et que les crises financières ont fait descendre de la marche de la classe moyenne.

Après çà on s’étonne du succès de « Bienvenu chez les Ch’tis » ! Mais ce film passe le baume du respect de l’identité culturelle à tous ceux qui se sentent engloutis à tort ou à raison par une mondialisation aveugle, comment peut-on en être surpris… alors dans tout ce pataquès où les frontières bougent, où les riches redeviennent pauvres, où les très très riches perdent pied avec la réalité, où les dirigeants politiques sont à la merci d’acteurs financiers, où les pauvres vont piller les magasins, comme un vent de bouleversements profonds où peut se créer un nouveau mouvement mondial, celui de la défense des SIF (les Sans Identités Fixes), qui lorsqu’ils se rendront compte qu’ils n’ont plus rien à perdre, viendront frapper à la porte d’une nouvelle civilisation où on l’on retrouvera à nouveau la liberté et le respect de soi. (Amen… non là je me suis un peu emballée, mais bon)

Nos enfants en seront capables, soyons-en sûrs (là je rigole plus).

Par Carmen Molina - Publié dans : Mutation anthropologique
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Mardi 15 avril 2008
Je ne suis pas le genre de personne à culpabiliser pour le reste de la terre et d’ailleurs la culpabilisation du nord pour le sud, de l’occident pour l’orient, des riches pour les pauvres, là je vais même être un peu provocatrice… çà me barbe et c’est pour moi complètement improductif par-dessus le marché. La culpabilisation n’est pas une denrée comestible pour ceux qui ont faim mais le sens aigu des réalités et la générosité, oui. Je me considère comme privilégiée, même dans mon propre pays – certes loin des hyper-privilèges qui remplissent nos journaux en ce moment et que d’ailleurs je n’envie pas une seconde pour la perte de la tranquillité d’esprit que cela entraînerait et parce que l’argent que j’ai, j’ai beau calculer comme la majorité d’entre nous mais… çà me suffit ! J’ai un job stable correctement payé, mais même si je suis loin de considérer qu’on n’a que ce qu’on mérite, je sais que ce que j’ai c’est à la force des poignées que je l’ai obtenu et donc je ne me sens pas coupable de l’avoir. En tant que privilégiée pourtant, je considère que j’ai des devoirs. Pas des devoirs de distribuer forcément ce que je possède à la ronde même si je donne quand je peux de ma façon à moi…. mais une responsabilité dont ce blog d’ailleurs fait partie, celle de répandre une parole de citoyen responsable pour aider à protéger les plus faibles, celle de voter pour qui pourrait me sembler le moins massacrer ce monde (mon Dieu j’y crois de moins en moins en ce pouvoir là, mais bon…), celle d’éduquer mes enfants au sens du partage. Tout çà bien sûr, ne faisons pas un tableau trop idyllique, (j’aurais trop de demandes de mariages… non je rigole !) avec aussi ma part d’égoïsme à moi. Enfin bref, malgré tout çà, à peu près bien dans mes baskets, à ma place donc, dans la société où je vis, quand j’entends qu’il y a ici et là dans le monde, comme vous avez du l’entendre aussi, des gens en ce moment qui commencent  à piller les magasins  parce qu’ils n’ont plus de quoi acheter à manger, là j’avoue, je me sens pas bien. Bien sûr, ne cédant pas à la toute-puissance qui me porterait à croire que c’est de ma faute (çà serait trop beau ! çà voudrait dire que çà pourrait se corriger facilement !), je me dis qu’elle est ma part de responsabilité là-dedans ? Qu’est-ce que je devrais faire de plus que ce que je fais ? Vous avez une idée, vous ? Bien sûr aussi, je suis comme tout le monde, j’y pense.. et puis j’oublie me disant que si je vais mal par rapport à çà, çà va pas arranger leurs affaires à ceux qui ne peuvent plus acheter leur pain. Mais bon c’est comme çà, aujourd’hui, j’ai des états d’âme…
Par Carmen Molina - Publié dans : Mutation anthropologique
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Jeudi 10 avril 2008

C’était bouleversant les petits moines tibétains à la télé l’autre jour gesticulant dans un pathétique appel au secours devant les caméras étrangères, se sachant hors de portée de vue des chinois, puis l’image d’après, assis tout sages dans le temple, cette fois-ci vus par eux, calmes et posés avec la puissance de parole de leur regard qui disait tout. Ce que tu fais parle plus fort que ce que tu dis. Sarkozy n’a pas encore compris çà qui a menacé de ne pas assister à la cérémonie d’ouverture… c’est sûr que les chinois vont être très impressionnés ! le gouvernement français invite à la négociation… bon ben tout va bien alors. Choqués nous sommes par ces images alors même que chez nous les drapeaux tibétains sont confisqués. Mais aujourd’hui le dérisoire de l’histoire est trop fort et les réflexions politiques me semblent à ce stade hors de propos. Ce qui me vient à l’esprit et me semble plus approprié en repensant à ces images c’est un texte que j’ai lu dans le livre « Chagrin d’école » de Daniel Pennac qui cite lui-même Cohen (Le livre de ma mère) :

Mais pourquoi les hommes sont-ils méchants ?Pourquoi sont-ils si vite haineux, hargneux ?Pourquoi adorent-ils se venger, dire du mal de vous, eux qui vont bientôt mourir les pauvres ?Que cette horrible aventure des humains qui arrivent sur cette terre, rient, bougent, puis soudain ne bougent plus ne les rende pas bons, c’est incroyable.

Incroyable, vraiment.

Par Carmen Molina - Publié dans : Le coin des citations
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Mercredi 26 mars 2008

« Il est dans la nature humaine de penser sagement et d’agir de façon absurde » Anatole France

Je pensais à la corrida récemment en voyant une émission sur Arles et la saison des corridas qui recommence avec son cortège de protestations de la part des anti-corridas. Qui pourrait d’ailleurs ne pas leur donner raison à la vue de ces taureaux empalés par des épées meurtrières… ces taureaux mis à mort par la frêle puissance de toreros presque encore pubères (19 ans le dernier « champion du monde », à vue d’œil 60 kilos tout mouillé)… ces taureaux acteurs de traditions ancestrales qui ont la part belle dans les livres d’Hemingway… ces taureaux qui… ces taureaux que… quelles lunettes mettre à partir du moment où on est seul avec sa conscience, sans la condamnation du politiquement correct du jour ni la rébellion qu’elle va susciter immanquablement, simplement de soi à soi  ? et si la pensée raisonnable de protéger l’animal entraînait dans son sillage une action qui par un effet papillon à l’envers participerait à la mise à mort de traditions qui pour archaïques qu’elles soient agissent sur l’équilibre psychique de notre société, au combien fragile mais indispensable à la cohésion de notre groupe social ? et si le remède était pire que le mal ? et si, de principes de précaution en positionnements cartésiens, de protections en protections, de peurs en peurs, on était en train de jeter le bébé avec l’eau du bain ?

Je fais partie à la fois de ceux que la souffrance animale bouleverse et que la vue de la force du plus fort exercée sur le plus faible fait sortir de ses gongs. Mais la dérive d’une société sans attaches m’inquiète encore davantage. Par-dessus le marché, les critiques de ma position qui consisteraient à dire que l’excision fait partie des traditions et qu’il faut quand même en arrêter la pratique me touchent parce qu’elles ont là un argument qui fait mouche. 

En conclusion donc, je ne sais pas. Je n’ai pas de réponse à toutes ces questions mais d’une chose je suis sûre : l’esprit humain chez les hommes et femmes civilisés que nous sommes est fait aussi de choses archaïques qui ont besoin de trouver des canaux d’expression et qui sont présentes en chacun de nous (oui, en chacun de nous) et si elles ne peuvent s’exprimer par des rites et des traditions, comme pour l’eau avec le principe d’Archimède – pour les néophytes, çà veut dire que l’eau compressée dans un endroit va rejaillir ailleurs -, çà va ressortir ailleurs, et de façon beaucoup plus violente. Quand, comment ? N’est-ce pas d’ailleurs déjà le cas dans certains endroits de la planète ? En tout cas c’est une question qu’il est urgent de se poser. Esquiver le débat en propulsant des « évidences » qui couperait court à toutes discussions me paraît beaucoup plus dangereux que céder à ce qui n’a peut-être que l’apparence de la sagesse.

Par Carmen Molina - Publié dans : Mutation anthropologique
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Samedi 15 mars 2008

Extrait du livre de Serge Ginger : Psychothérapie : 100 réponses pour en finir avec les idées reçues Ed Dunod, qu'entre parenthèse je recommande vivement à tous celles et ceux qui désirent suivre ou suivent déjà une psychothérapie... et d'ailleurs à celles et ceux qui n'ont pas l'intention d'en suivre, c'est à dire à tout le monde.
On connaît les résultats surprenants d'une vaste enquête scientifique entreprise, il y a quelques années, sur l'analyse des comportements sexuels en France (rapport ACSF au ministère de la recherche, par Alfred Spira, 1993) : 90% des filles et 93% des garçons ont eu des rapports sexuels avant le mariage. Ce nombre est identique chez les jeunes catholiques pratiquants, malgré les mises en garde régulières du clergé - dont l'impact s'avère donc insignifiant -. Un seul comportement est affecté par les convictions religieuses : la masturbation féminine. Parmi les filles accordant beaucoup d'importance à la religion, 65% affirment ne s'être jamais masturbées, contre 34% des non pratiquantes (mais 20% seulement des garçons pratiquants). Résultat paradoxal de cet interdit religieux : moins éveillées sexuellement, les jeunes filles catholiques pratiquantes éprouvent moins de plaisir au cours de leurs rapports, d'où insatisfaction des deux partenaires... et séparations plus fréquentes ! L'effet pervers de l'inhibition sexuelle entraîne ainsi, de manière inattendue, une instabilité chez les couples, nettement supérieure chez catholiques que chez les non pratiquants !

Par Carmen Molina - Publié dans : Le coin psy
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Mais où suis-je ?

Vous trouverez ici des articles qui sont des fois de l’ordre du coup de gueule du citoyen, des fois de l’ordre de la réflexion sur le développement personnel, des fois juste… des blagues pour rire. J’ai retrouvé dans « Imparfaits, libres et heureux » (Christophe André, Ed Odile Jacob) le lien qui existe entre le travail sur soi et la prise de responsabilité de notre personne sociale pour améliorer notre environnement au sens large; c’est ce que décrit l’auteur comme « l’effet papillon », je cite : Cette théorie qui explique qu’un petit battement d’aile à un bout du globe peut, de proche en proche, provoquer une tornade à l’autre extrémité de la planète. Ainsi, se changer aide les autres à changer. Il existe par exemple une contagion sociale des émotions, aussi bien négatives que positives.

Ceux qui ont changé le monde étaient d’abord des personnes qui avaient acquis (je ne crois pas que çà vienne du ciel, malheureusement, même s’il y a des « terrains favorables ») une éthique personnelle qu’ils ont appliquée et qui s’est répandue, comme une contagion positive. J’ai cette croyance que changer le monde, c’est d’abord travailler sur soi, modestement, pas à pas, faire en sorte que nos paroles correspondent petit à petit à nos pensées et à nos actes, chacun à notre niveau. Ce n’est pas le vote, une fois tous les 2, 3, 4 ou x années qui va le faire changer, le monde. Mais il ne s’agit pas non plus de se crisper là-dessus : le recul de l’humour est indispensable, l’oubli, des fois, de soi aussi, et toujours, le rappel de la beauté du monde, je donne comme illustration une citation de Hugo Von Hofmannstahl qui apparaît aussi dans le livre cité plus haut : Il allait par la campagne au milieu des champs, jeune garçon de seize ans, quand il leva son regard et vit un cortège de hérons blancs traverser le ciel à grande altitude : et rien d’autre, rien que la blancheur des créatures vivantes ramant sur le ciel bleu, rien que ces deux couleurs l’une contre l’autre ; cet ineffable sentiment de l’éternité pénétra à l’instant dans son âme et détacha ce qui était lié, lia ce qui était attaché, au point qu’il tomba comme mort ».

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QUAND

Quand nous pourrons voir le monde, mes frères, avec d’autres regards que  les nôtres seulement…

Quand nous ne serons plus troublés que nos aînés, quelquefois, soient à nouveau  des enfants effrayés ou perdus, et que nous leur pardonnerons d’être ce qu’ils sont…

Quand nous accepterons que ce que nous désirons ne nous soit pas dû et que les  responsabilités aillent avec les privilèges…

Quand nous saurons dire « assez »…

Si, dans le doute, nous vérifions d’abord et ne répondons plus nous-mêmes  à nos interrogations…

Quand, ayant fait litière des préjugés et fait le deuil aussi des illusions de l’enfance,  nous saurons lâcher prise, faire de notre inconscient un allié et nous confier au ruissellement du temps…

Quand librement nous accorderons pensées, paroles et sentiments…

Quand, sans faillir à notre loyauté, nous traquerons le secret et que finalement nous saurons appartenir en étant différents…

Quand nous chercherons le sens avant même le confort et que dans les revers et les infortunes nous nous mettrons en quête du cadeau qui s’y trouve caché…

Quand nous nous intéresserons, mes frères, au trajet autant qu’à la destination…

Quand avec les amis, les enfants, les patients, nous partagerons avec tendresse et avec tolérance notre temps, nos soins, notre attention et aussi le savoir et le savoir-faire que nous avons acquis…

Quand, acceptant notre différence, sans en faire des rivaux, nous verrons partout chez les humains nos frères et nos sœurs de toute éternité…

Quand nous serons vivants au lieu d’exister seulement, quand nous serons aimants au lieu de convoiter, et aussi désirants sans chercher forcément à satisfaire nos désirs ; croyants, enfin, au lieu d’avoir croyance, alors mes frères, nous pourrons passer les quatre dernières portes : lâcher le besoin d’être protégés, laisser la toute puissance, rompre sans ressentir la crainte le nœud d’identité et finalement désentraver notre âme retenue dans l’espace et le temps ordinaires… 

Alors, mes frères, ayant ouvert notre cœur, nous serons citoyens de ce monde et pourrons l’heure venue, lumineux, sereins, plonger dans l’univers.

Alain Crespelle

Terminé à Jérusalem le 3 juin 1995

 

 

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